Pourquoi un pont ou une passerelle entre le n°5 et le n°6 ?

J’ai eu à cœur de soutenir la création d’une passerelle en bambou à construire avec mes voisins ou/et avec ceux de passage, car je soutiens avec ténacité l’idée qu’il est important de penser qu’on est « capable de ».

Cette expérience locale datant de mai 2011 m’a appris que chacun peut contribuer selon diverses formes de présence et de temps à l’émergence d’une idée séduisante telle que rêver monter une passerelle à 5m de haut, nous reliant d’un côté à l’autre de la rue, que chacun peut contribuer à sa concrétisation et enfin vivre un repas partagé dans la rue.

Tous les initiateurs et protagonistes de cette réalisation ont souligné qu’ensemble sans cadre associatif mais grâce à l’implication de tous selon son envie, nous avons pu transformer une idée en réalisation et qu’en plus nous avons amené de l’esthétique et du convivial dans notre cadre de vie.

Note d’intention du projet réalisé en mai 2011

Les habitants de la rue Docteur Lavalle ont eu envie, en se rassemblant, d’impulser une vie de quartier ouverte à ses habitants, ses acteurs socio-culturels et économiques en proposant une journée de rencontre « La rue Docteur Lavalle, une voie de pas sages ».

En effet, au départ, plusieurs voisins, discutant de manière informelle sur le trottoir, se sont retrouvés chez les uns et les autres pour pouvoir poursuivre leurs conversations et ont ressenti le besoin de se rencontrer aussi dans l’espace de la rue, laquelle habituellement dédiée aux voitures nous divise en deux.

Nous avons reçu une réponse favorable des services des affaires générales de la mairie nous autorisant à barrer la rue le dimanche 15 mai 2011 jusqu’au numéro 20.

C’est pourquoi nous proposons, le temps d’un dimanche après midi, de nous réapproprier l’espace de la rue par :

Des actions au moyen de gestes artistiques :

  • rendre visible notre présence aux gens de passage ou résidents. Chaque habitant sera invité à décorer sa façade pour symboliser sa présence.
  • Une oeuvre collective sera à installer entre le numéro 5 et le numéro 6 de la rue : un pont de bambou pensé par les habitants, conçu par le bamboutier François Puech (La Bambouterie) et monté collectivement.

Des actions faites par les habitants :

  • Un concert sera donné par le jeune groupe de rock Octopus’sun dont un musicien habite la rue.
  • Un spectacle « La défaite de la musique » sera proposé par un metteur en scène, habitant de la rue.
  • « La chorale du mardi » dirigée par Jacques Lorenzi et Ana Andreotti viendra se produire : des habitants de la rue y participent.
  • Un atelier d’écriture avec retransmission orale sera animé par un habitant.
  • Une mise en scène théâtrale participative sera créé par le collectif « Mais pas uniquement » de la rue.
  • Un tournoi de boules et ping-pong pour les jeunes se déroulera dans les jardins.

Les délais trop courts pour recevoir un soutien financier nous ont conduits à définir le cadre suivant pour cette journée du 15 mai : » faire avec ce que l’on a ».

Ce parti pris retenu fait cohérence avec notre approche principale :

  • les initiatives émergent des habitants,
  • faire avec ce dont on dispose en ressources humaines et idées créatives,
  • encourager les réalisations esthétiques.

Le projet et ses futurs déploiements

  • L’initiative en reviendra aux habitants,
  • Pérenniser à partir de ce qui sera vécu le 15 mai, en prolongeant la réflexion,
  • Travailler en mutualisant et s’appuyant sur les compétences professionnelles et amateurs des habitants.

En pratique le futur projet reprendra l’ensemble des propositions de départ enrichies et développées à partir de la première journée. Ainsi il faut comprendre le 15 mai comme un premier geste à part entière qui, parce qu’il aura eu lieu, déterminera les orientations suivantes. La transformation par exemple des façades décorées, en une installation artistique pérenne, décidée dans sa forme par chaque voisin, visible au sol dans la rue de façon à symboliser la diversité des présences, pourrait en être un élément.

Travailler la pérénisation du pont en bambou peut être un autre exemple.

Les différentes propositions artistiques sont détaillées en annexes jointes telles que les oeuvres collectives conduites par les personnes ressources de la rue, artistes, metteur en scène et des spécialistes.

Les partenaires actuels du projet

Ils émanent tous des compétences des voisins.

Label Epique prend en son nom l’hébergement de ce projet, lequel entre dans les objectifs poursuivis par l’association Label Epique au titre de ses 4 piliers fondateurs

  • Chercher à mettre des passerelles entre des gens et des genres (modes d’expression artistiques divers) qui habituellement ne se rencontrent pas forcément ;
  • Apporter l’art et la culture dans des endroits où ils ne sont pas monnaie courante, voire inexistants, remplissant de ce fait des fonctions sociales et citoyennes ;
  • Favoriser l’émergence et mettre en lumière d’autres artistes et structures dont Label Epique estime qu’ils partagent avec l’association des valeurs humaines, éthiques et artistiques ;
  • Développer un modèle économique raisonné dans lequel le mécénat culturel serait un des maillons forts.

Le restaurant l’Embarcadère propose :

  • l’ouverture de son bar,
  • son espace d’exposition et de rencontre pour cette initiative de quartier.

Interactions locales

La situation particulière de la rue qui comporte à ses extémités l’impact fort de la présence de lieux culturels d’art contemporain et qui de fait se trouve au carrefour d’interactions associatives déjà existantes, ajoutée à l’envie spontanée d’habitants, permet d’imaginer la possibilité de tisser des liens futurs pour rendre vivant un quartier qui se destine à devenir celui de l’art contemporain.

Le quartier comprend :

  • Des lieux culturels : le cinéma l’Eldorado, le Frac Bourgogne et le Consortium,
  • Des associations de quartiers : « Les amis de l’Eldo »,  le restaurant l’Embarcadère, l’association du Faubourg Saint Pierre, association des commerçants,
  • Des actions culturelles de quartier : la réalisation d’une fresque artistique de l’artiste Loïc Raguénès, projet d’art contemporain associant les partenaires locaux, « la fête de quartier Chevreul-Parc », une initiative d’habitants avec la commission de quartier,

« Wilson, place aux arts, » une exposition proposée par la commission de quartier.

  • Le conseil de quartier sud-est.

 

Afin de concrétiser notre envie de participer activement à la vie locale.en référence à ce qui a motivé notre intention initiale pour organiser « la rue docteur Lavalle une voie de pas sages » du 15 mai prochain : issue des habitants de la rue, nous revendiquons cette journée, non comme une simple fête, mais comme un geste artistique social et esthétique assumé, autant qu’en référence à la spécificité du quartier, de ses acteurs locaux, de ses évènements.

L’originalité du projet

L’idée générale à long terme de cette initiative originale, ambitieuse et équilibrée des habitants de la rue Dr Lavalle est de tisser des interactions créatives ouvertes sur le quartier pour qu’il devienne quartier de l’Art Contemporain. Ainsi le quartier engagé dans cette dynamique développerait au travers de l’art contemporain dans l’urbanité une vie de quartier vivante, innovante.

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